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6 choses essentielles à savoir sur les douleurs lombaires

7 septembre 2016  |   écrit par Xavier Jutras  |

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Ce n’est pas un secret pour personne, les maux de dos, particulièrement au niveau lombaire, sont monnaie courante dans notre société. On estime que 60-85 % des gens vivant dans les pays industrialisés auront, tôt ou tard, des douleurs lombaires.

Non seulement ces douleurs occasionnent des pertes en temps et en argent, mais elles affectent aussi grandement la qualité de vie de ceux qui les subissent et de leur entourage. Comme les lombalgies sont aussi méconnues et complexes qu’elles sont fréquentes, je vous propose dans ce texte six choses importantes à savoir à leur sujet.

6 choses essentielles à savoir sur les douleurs lombaires | Réseau des massothérapeutes

1. Entorse lombaire, lumbago, tour de rein : du pareil au même

Le mot « lombaire » est un dérivé du mot « lombe », lui-même provenant du mot latin « lumbus ». Il désigne tout simplement les reins. Le mot lumbago quant à lui signifie « faiblesse des reins ».

Les deux désignent donc littéralement une douleur plus ou moins définie dans le bas du dos. Le nom plus contemporain que vous risquez d’entendre est « douleur lombaire non spécifique », si la cause précise n’arrive pas à être définie.

Quant au tour de reins, sachez que ces derniers se situent plus haut que l’endroit où la majorité des gens les situent et que votre douleur lombaire n’est certainement pas due à une rotation de ceux-ci! Dieu merci, aucun spécialiste de la santé n’utilise cette expression erronée, mais je la mentionne quand même parce qu’elle est encore assez répandue dans le public en général.

Entorse lombaire, lumbago, tour de rein : du pareil au même | Réseau des massothérapeutes

2. Tout mal de dos n’est pas équivalent

Il est important de réaliser que toute douleur n’a pas les mêmes causes et par conséquent qu’elle n’aura pas nécessairement les mêmes solutions. En s’inspirant du document québécois CLIP[1], on peut séparer la lombalgie en trois classes :

  • Lombalgie simple : douleur lombaire sans composante neurologique, douleur qui varie à travers la journée et selon l’activité. La personne va bien en général et a un bon pronostic de guérison;
  • Lombalgie avec composante neurologique : douleur avec engourdissement ou irradiation se rendant plus bas que les genoux. Vitesse de guérison deux fois moins rapide que la lombalgie simple;
  • Lombalgie avec pathologie rachidienne grave suspectée (drapeaux rouges) : douleur constante, progressive, douleur nocturne non soulagée, même couché sur le dos, douleur thoracique ou abdominale, etc. (Consultez le document du CLIP pour la liste complète) Cette situation requiert une investigation médicale.

Douleurs lombaires | Réseau massothérapeutes

 3. Vos douleurs lombaires ne sont pas occasionnées par un « désalignement » des vertèbres[i]

On pourrait s’attendre à ce que l’alignement de la colonne soit un préalable à une bonne santé et à l’absence de douleur lombaire et que les études soient catégoriques à ce sujet. Or, à ce jour, rares sont les études qui arrivent à démontrer un lien probant entre la douleur et un désalignement de la colonne vertébrale ou du bassin, ou d’un disque déplacé. Ceci est également vrai pour les gens avec une jambe plus courte que l’autre[ii]. Ça ne veut pas dire que cela n’a aucun impact; simplement qu’à ce jour, le manque « d’alignement » devrait être considéré au mieux comme une variable secondaire pour expliquer votre douleur.

Vous n’êtes pas un jeu de Jenga et vous n’êtes pas non plus une voiture dont les pièces sont condamnées à s’user et se doivent d’être alignées pour que tout fonctionne. Votre corps est plus futé, plus robuste et surtout beaucoup plus résilient que vous ne le croyez. Il peut compenser sans que cela ne soit problématique en soi et contrairement à une voiture, il est capable de régénération.

À l’inverse, si on vous convainc que vous êtes brisé ou fragile, cela risque d’influencer négativement votre perception de la situation. D’ailleurs, il est de plus en plus admis que les spécialistes de la santé ont un rôle important à jouer dans l’éducation de la population afin de diminuer les effets nocebo indésirables[iii].

Une scoliose n’est pas garante de douleur | Réseau massothérapeutes

4. Dans la même lignée (!), une scoliose n’est pas garante de douleur ou inversement

Une scoliose est une déviation latérale (gauche-droite) de la colonne vertébrale. Beaucoup de thérapeutes de tout acabit vous diront qu’un mauvais alignement de la colonne sera synonyme de douleur ou causera des problèmes au niveau des organes internes. La littérature scientifique, à ce jour, n’a pourtant jamais observé cette tendance de façon évidente.

Pour vérifier cette hypothèse, des chercheurs ont notamment fait une étude longitudinale, c’est-à-dire une étude où l’on prend une population au hasard et où on les « suit » pendant plusieurs années. Il s’avère que les gens ayant déjà une scoliose au début de l’étude n’ont pas vécu davantage d’épisodes de lombalgie que les sujets « alignés » au cours de la période couverte par les chercheurs, démontrant ainsi le faible lien prédictif entre les deux variables[iv].

Bref, scoliose ou pas, vous avez les mêmes chances d’avoir mal au dos[v]. On devra trouver le ou les coupables ailleurs …

La radiographie et l’IRM ne sont pas souvent très informatives | Réseau des massothérapeutes

5. La radiographie et l’IRM ne sont pas souvent très informatives[vi]

Plusieurs sont en attente d’une radiographie ou d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) à la suite d’une première évaluation non concluante concernant leur mal de dos, en ayant espoir de pouvoir identifier le coupable. Encore une fois, bien qu’on aimerait que le « méchant du film » se pointe à l’écran, on se rend compte de plus en plus que ces techniques d’imagerie médicale sont souvent peu utiles pour donner davantage d’informations pour les cas de lombalgies simples[2]. Quant aux deux autres classes de lombalgies, une radiographie pourrait donner suffisamment d’informations pour exclure une pathologie vertébrale, rendant du même coup l’IRM moins pertinente[3]. Comme le suggère le CLIP :

« Une anamnèse et un examen physique qui ne révèlent pas de drapeaux rouges permettent de poser un diagnostic clinique fiable sans qu’il soit nécessaire de recourir à des techniques d’imagerie médicale. »

À ce sujet, j’aimerais préciser que les diagnostics constituent des actes réservés et que ce n’est pas au client/patient ni au massothérapeute de déterminer si l’imagerie médicale devrait être utilisée. Le message à retenir est simplement de ne pas s’attendre à un diagnostic miracle pour vous débarrasser de votre mal.

 Le mal de dos a plusieurs causes | Réseau des massothérapeutes

6. Le mal de dos a plusieurs causes et plusieurs facteurs pouvant l’amplifier ou le diminuer[4]

Coup de théâtre! Alors que vous espériez que vos radiographies ou IRM identifient un coupable, elles ne trouvent rien et voilà que vous apprenez qu’il peut y avoir plusieurs coupables (invisibles de surcroît) à la fois!

Voici une liste rapide des différentes variables pouvant contribuer à diminuer ou exacerber votre douleur[vii] :

  • Historique de douleur;
  • Ce que la douleur vous empêche de faire au quotidien ou dans vos passe-temps;
  • Peur, stress, anxiété et réponse face à ceux-ci;
  • Émotions, perception de soi;
  • Croyances et connaissances, expériences vécues;
  • Équilibre de vie, sommeil, relations interpersonnelles;
  • Confiance de pouvoir aller mieux;
  • Contrôle moteur;

À la lumière de cette liste, réalisez-vous tout le potentiel d’effet nocebo que peut avoir la croyance que votre dos se désaligne au gré du vent?

Ainsi, non seulement les causes peuvent être multiples, mais en plus elles ne sont pas mutuellement exclusives. Pire encore, elles sont aussi co-dépendantes. Chacun des éléments ci-dessus peut influencer les autres et réciproquement, amplifiant ou diminuant l’inconfort que vous vivez par rapport à votre douleur. En d’autres mots, la douleur n’est pas dans votre tête, mais votre perception sera influencée par cette dernière.

 

 

La massothérapie comme détective privée, sans prétention

Vous avez mal au dos présentement ou vous avez déjà eu une lombalgie? Que diriez-vous de vous offrir une séance de massothérapie la prochaine fois que vous aurez mal au dos? Le cas échéant, faites-le dans l’optique de vous détendre et non dans une optique de guérison. Offrez-vous une détente bien méritée, amenez votre album de musique préféré et partez dans votre monde pendant toute la durée du soin.

En quoi la massothérapie peut-elle vous aider ou vous renseigner davantage sur votre mal?

Sans qu’elle ne remplace un diagnostic, la massothérapie est une méthode d’investigation (de soi) à la fois élégante et plaisante. Oubliez les explications complexes, voici l’interprétation que j’en fais : suivant votre soin, si votre mal de dos se résorbe significativement dans les heures/jours qui suivent un soin en massothérapie, vous saurez dès lors que la détente est un des moyens à privilégier afin de vous aider à reprendre le contrôle sur votre douleur. Élémentaire, mon cher Watson!

N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires et questions. Il s’agit d’un sujet très complexe et sensible. Si j’avais à le décrire en couleurs, je vous dirais qu’on aimerait que les lombalgies s’expliquent en noir ou blanc, mais en réalité elles pataugent dans au moins 50 teintes de gris.

Ne manquez pas le prochain article qui servira de guide pratique pour gérer votre prochain tour de reins!

Merci.

Références

[1] CLIP, Guide de pratique, Clinique des Lombalgies Interdisciplinaire en première ligne, http://www.csst.qc.ca/professionnels-de-la-sante/medecins/Documents/CLIPLombalgiesGuide2006.pdf, 2006

[2] Van Tulder MW, Assendelft WJ, Koes BW, Bouter LM. Spinal radiographic findings and nonspecific low back pain. A systematic review of observational studies. Spine 1997;22:427-34

[3] CLIP, Guide de pratique, Clinique des Lombalgies Interdisciplinaire en première ligne, http://www.csst.qc.ca/professionnels-de-la-sante/medecins/Documents/CLIPLombalgiesGuide2006.pdf, 2006, page 10

[4] LEHMAN, Greg, Pain Fundamentals, A pain Science Education Workbook for Patients and Therapists, http://static1.squarespace.com/static/57260f1fd51cd4d1168668ab/t/5734a441b6aa60fc5fe5ef7a/1463067714566/PainScienceLehmanWorkbook.pdf

[i] INGRAHAM, Paul, Pain Science, www.painscience.com | Je vous encourage à consulter les nombreux articles disponibles sur le site, références à l’appui

[ii] Grundy PF, Roberts CJ. Does unequal leg length cause back pain? A case-control study.Lancet. 1984 Aug 4;2(8397):256–8. PubMed #6146810.

[iii] Roger Chou, MD; Amir Qaseem, MD, PhD, MHA et al., Diagnosis and Treatment of Low Back Pain: A Joint Clinical Practice Guideline from the American College of Physicians and the American Pain Society, Ann Intern Med. 2007;147(7):478-491. doi:10.7326/0003-4819-147-7-200710020-00006, http://annals.org/article.aspx?articleid=736814

[iv] Van Nieuwenhuyse A, Crombez G, Burdorf A et al. 2009. Physical characteristics of the back are not predictive of low back pain in healthy workers: a prospective study. BMC Musculoskelet Disord, 10:2.

[v] LEDERMAN, Eyal, The Fall of the Postural-structural-biomechanical model in manual and physical therapies : Exemplified by lower back pain, CPDO Online Journal (2010), March, pp. 1-14, www.cpdo.net

[vi] CLIP, Guide de pratique, Clinique des Lombalgies Interdisciplinaire en première ligne, http://www.csst.qc.ca/professionnels-de-la-sante/medecins/Documents/CLIPLombalgiesGuide2006.pdf, 2006

[vii] LEHMAN, Greg, Pain Fundamentals, A pain Science Education Workbook for Patients and Therapists, http://static1.squarespace.com/static/57260f1fd51cd4d1168668ab/t/5734a441b6aa60fc5fe5ef7a/1463067714566/PainScienceLehmanWorkbook.pdf | Liste en partie inspirée de cette source

Autres sources utilisées

LEDERMAN, Eyal, A process approach in manual and physical therapies : beyond the structural model, CPDO Online Journal (2015), May, pp. 1-18, www.cpdo.net

Low Back Pain Fact Sheet, National Institute of Neurological Disorders and Stroke, http://www.ninds.nih.gov/disorders/backpain/detail_backpain.htm

Thiese MS1, Hegmann KT, Wood EM, Garg A, Moore JS, Kapellusch J, Foster J, Ott U., BMC Musculoskelet Disord. 2014 Aug 21;15:283. doi: 10.1186/1471-2474-15-283. Prevalence of low back pain by anatomic location and intensity in an occupational population.

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Xavier Jutras

Diplômé de l’Université Laval en kinésiologie en 2005, Xavier Jutras a décidé d’ajouter une nouvelle corde à son arc en 2014 en entamant une carrière parallèle en massothérapie. Maintenant en voie de devenir orthothérapeute, il pourra ainsi gérer les bobos de ses clients tout en s’assurant de les guider dans leur processus de réhabilitation. Doté d’une infatigable curiosité, il fait des lectures quotidiennes sur le sujet afin de rattraper « le temps perdu ». Son but : apprendre, bien comprendre et, surtout, faire le tri de l’information de façon à pouvoir mieux informer par la suite. Déjà rédacteur pour le blogue "Je me prends en main", il a offert ses services au Réseau dès qu’il en a eu la chance parce qu’il adore pouvoir transmettre sa passion en enseignant ou en écrivant. Fan invétéré des massages, il se donne comme mandat de rester neutre du mieux qu’il peut pour donner l’heure juste quant aux connaissances actuelles acceptées par la communauté scientifique. Bien qu’il possède un intérêt très marqué pour le monde du sport, il s’intéresse également aux bienfaits psychologiques que peuvent apporter l’activité physique et la massothérapie. Ces deux domaines, à la fois préventifs et curatifs, sont intrinsèquement liés et constituent, à son avis, le chemin le plus sain et le plus efficace pour atteindre le niveau de bienêtre que vous souhaitez.

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