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Le combat du siècle: Froid contre Chaleur

écrit par Philippe-Olivier Jasmin
9 avril 2014

L’application de froid ou de chaleur pour une pathologie du système musculosquelettique demeure un sujet d’un débat entre les différents thérapeutes du domaine médical. Malheureusement, le client est souvent pris dans les feux croisés de ces opinions divergentes et, pour le confondre davantage, il est fréquent que deux thérapeutes d’une même profession se contredisent.

Qu’en pensez-vous? Lequel du froid ou de la chaleur sera victorieux, se tenant fièrement debout au centre de l’arène après l’affrontement? Faites vos paris!

Thermothérapie

L’étymologie de la thermothérapie nous vient du grec « thermos » signifiant « chaleur ». Nous pouvons donc déduire qu’il s’agit d’une « thérapie par la chaleur ». Néanmoins, l’utilisation du terme à l’intérieur du domaine de la santé porte à y inclure la cryothérapie, soit la « thérapie par le froid ». La distinction entre les deux demeure esthétique puisque, selon la thermodynamique, le froid présenterait simplement moins d’énergie thermique plutôt que d’être une entité à part entière. Une définition pointilleuse serait une « thérapie par interaction thermique en transférant l’énergie d’un système à un autre ».

Un excellent débat linguistique, mais qui ne nous éclaire malheureusement pas davantage. Avant de parier sur le vainqueur de ce duel épique, observons les effets de chacun.

 

Dans le coin gauche: le froid

Un abaissement de température corporelle amène généralement les résultats suivants :

  • une vasoconstriction du système circulatoire, ce qui fait chuter la circulation;
  • une diminution du métabolisme local;
  • une réduction de la capacité contractile et d’élasticité musculaire;
  • un ralentissement de la vitesse de conduction nerveuse.

Donc j’applique du froid pour…

Limiter les dommages. Le froid excelle donc dans les instants qui suivent un trauma puisqu’il empêche un apport liquidien excessif, évitant que le processus inflammatoire ne gonfle démesurément.

De même, l’augmentation du tonus résiduel musculaire qu’il apporte en affectant la contraction et l’élasticité peut sembler négative, mais consiste en un excellent antispasmodique.

L’effet analgésique du froid provient de la combinaison d’une réduction de sang dans la région et d’un engourdissement nerveux. Vous éprouverez, certes, moins de douleur, mais malheureusement cette diminution n’est qu’une illusion.

La règle générale consiste à appliquer du froid dans les vingt-quatre à quarante-huit heures après un trauma afin de pacifier le processus inflammatoire. Passé ce stade, il devient contreproductif. La vasoconstriction s’assure que l’inflammation ne s’aggrave pas, mais empêche la portion d’inflammation qui a réussi à s’installer de se résorber puisque sa porte de sortie se retrouve fermée. Et la diminution du métabolisme local ralentit le processus de guérison, ce qui ne nous aide point…

Bref, le froid excelle dans les guerres éclair contre les blessures fraiches.

Dans le coin droit: la chaleur

Peut-être pour narguer son opposant, une augmentation de température corporelle conduit presque exactement aux effets contraires d’un refroidissement, soit :

  • une vasodilatation du système circulatoire, donc une augmentation de la circulation;
  • une augmentation du métabolisme local;
  • un accroissement de l’élasticité musculaire;
  • une relaxation et une diminution des effets du stress par l’atteinte d’une zone de confort.

Donc j’applique de la chaleur pour…

Ramasser les pots cassés. La vasodilatation apportée par la chaleur excelle pour résorber les inflammations déjà installées. L’apport liquidien crée un remuement, ce qui évite la stagnation des liquides en les poussant délicatement vers la porte de sortie, qui demeure grande ouverte. En plus, l’augmentation de la circulation et du métabolisme local facilite le processus de guérison.

La propriété analgésique de la chaleur provient de la combinaison entre l’amplification de l’élasticité musculaire et le relâchement de la musculature. Un effet plus constructif et moins éphémère que celui présenté par son rival. Bref, la chaleur se démarque dans la destruction du statuquo des guerres de tranchées contre un problème musculaire ou de stress.

La thermothérapie consiste en un excellent support à un traitement ou comme autotraitement à la maison. Malheureusement, ce combat du siècle ne peut prendre fin avec un vainqueur définitif. Nos opposants démontrent tous deux des forces et des faiblesses très distinctes applicables dans des circonstances trop disparates.

Tout dépend de vos objectifs et de votre situation.

Attention !

Une application de chaleur sur un trauma frais, comme la foulure d’une cheville, est un moyen assuré pour que la lésion enfle comme un ballon de plage. Sortez votre glace dans cette situation.

 

 

Quand les antagonistes s’unissent

Quand l’inflammation s’obstine et refuse de se résorber ou lorsque le processus inflammatoire nécessite une intervention plus agressive, nous effectuons ce que nous appelons communément un « pompage ». Il s’agit simplement d’une application de chaud et de froid en alternance. La succession de vasoconstrictions et de vasodilatations crée un mouvement de pompage qui maximise la résorption liquidienne.

Comme quoi deux forces contraires qui s’unissent peuvent venir à bout d’un ennemi commun et apporter de meilleurs résultats.

Précautions à prendre

Il est possible qu’une utilisation excessive d’onguents irrite la peau. Faites également attention à ne pas vous bruler en appliquant de la chaleur. De même, l’application d’une grande quantité de glace sur une période trop prolongée peut créer des engelures. Le gros bon sens et la modération sont de mise. Il est généralement préférable de commencer modestement et d’augmenter progressivement plutôt que d’effectuer un traitement-choc. Respectez votre seuil de tolérance.

En cas de doute, demandez l’avis de votre thérapeute ou de votre médecin.

Aussi, puisque la thermothérapie influence grandement le système circulatoire, consultez votre médecin au préalable si vous présentez une pathologie cardiaque ou une infection.

Consultez la fiche professionnelle de Philippe-Olivier Jasmin

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