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Éclairer le dérangement intervertébral mineur

11 août 2021  |   écrit par Philippe-Olivier Jasmin  |

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Cervicobrachialgie. Défilé thoracique. Sciatalgie. Cruralgie. Insuffisance respiratoire. Points interscapulaires. Protraction cervicale. Névralgie d’Arnold. Céphalées de tension. Torticolis. Hernie discale. Lombalgie chronique. Le dérangement intervertébral mineur, DIM, se place fréquemment dans l’équation de d’autres problématiques afin de les saboter. C’est le rhume des problématiques musculaires ; commun et bénin. Néanmoins, il est la bête qui rôde à l’orée de l’éclairage de notre feu de camp. Sa silhouette dans l’ombre terrorise. Après tout, on parle ici de la colonne vertébrale.

Effectivement, l’inconnu terrifie, nous fige sur place telle un chevreuil devant des phares de voiture. Alors, empoignez votre torche, votre lampe de poche ou votre projecteur et allons éclairer le DIM. Trop souvent, la bête n’est que le fruit de notre imagination ou, au lieu d’être un loup, se révèle être un caniche royal brossé.

Et quoi de plus illuminant que l’anatomie et la biomécanique ?

Homme souffrant de dérangement intervertébral mineur

Cerner l’ombre dans la noirceur

Dérangement intervertébral mineur, DIM, subluxation, dysfonction facettaire. Différents mots, même phénomène. On définit le DIM comme une vertèbre qui, dans son jeu physiologique normal, offre une tension musculo-ligamentaire anormale. Bref, il s’agit d’une vertèbre subissant trop de tension, un excès de stress mécanique.

Pour mieux lever le voile sur cette affection, il convient donc de définir le « jeu physiologique normal ». C’est ici que la biomécanique entre en jeu.

Démystifier la biomécanique vertébrale

Nous pouvons diviser une vertèbre en deux sections. Bam ! Donnez-lui un bon coup de marteau pour la fracturer et sectionnez les pédicules afin de séparer le corps vertébral du restant de la vertèbre.

La première section, l’alternance de corps vertébraux et de disques intervertébraux représente la section mobile de la colonne. C’est une nouille de piscine maniée par un enfant ayant ingéré beaucoup trop de sucre ; malléable et pliable dans toutes les directions. La deuxième section, les facettes articulaires, devient donc l’élément stabilisateur, celle qui guide et limite les mouvements de chaque segment vertébral.

Alors comment bougent les facettes articulaires ?

  • La flexion les ouvre ;
  • L’extension les referme ;
  • La latéroflexion ouvre celles controlatérales au mouvement pendant que celles ipsilatérales se referment ;
  • La rotation referme celles controlatérales au mouvement pendant que celles ipsilatérales s’ouvrent.

Mais ce n’est pas tout ! Afin de bien dissiper l’ombre de la biomécanique vertébrale, il convient de se pencher sur trois comportements observables des mouvements vertébraux.

Squelettes vue devant et arrière, biomécanique vertébrale

Éclairer les lois des mouvements vertébraux

Premièrement, lorsque la colonne demeure en position neutre, la latéroflexion et la rotation s’effectueront de manière controlatérale. Deuxièmement, si elle est en pleine flexion, ces deux mouvements s’effectueront plutôt de manière ipsilatérale.

Qu’est-ce que ça signifie en français ? Faisons de la science. Placez vos mains sur vos apophyses transverses. N’importe lesquelles. Effectuez une latéroflexion à droite. Vous devriez sentir vos vertèbres manifester une pression contre votre main gauche. En résumé, une latéroflexion à droite est accompagnée d’une rotation à gauche. Si vous répétez l’exercice précédent pendant que votre dos se trouve en flexion, vous devriez sentir vos vertèbres effectuer une pression contre votre main droite. En d’autres mots, lorsque le dos est en flexion, une latéroflexion à droite est accompagnée d’une rotation à droite. Observer comment une scoliose se tord a maintenant beaucoup plus de sens !

Finalement, un principe résume les deux précédents où une dysfonction sur un plan affectera négativement les deux autres. À l’inverse, une augmentation d’amplitude sur un plan influencera positivement les deux autres. Je viens de vous dévoiler le secret d’un tour de magie en thérapie manuelle, si vous faites face à un muscle obstiné qui limite un mouvement en particulier. Un muscle de mauvaise humeur sabote la rotation ? Amadouez-le en latéroflexion avant de l’achever en rotation. Il devrait être amplement moins récalcitrant par la suite.

Mais PO, où vas-tu avec tout ça ? Dans les sages écrits de L’Art de la Guerre de Sun Tzu : « connais ton ennemi ».

Thérapeute exécute une latéroflexion à sa cliente

Sortir de l’ombre le mythe de la vertèbre déplacée

On entend parfois les clients s’exclamer : « j’ai une vertèbre de déplacée ! ». « Déplacée » implique « disloquée » et, avec mon entière humilité, si votre client se disloque une vertèbre, sa place n’est pas sur votre table, mais plutôt à l’urgence.

En revanche, un DIM représente plutôt une problématique musculaire qui entraîne une perte de mobilité des vertèbres, une altération de leur biomécanique. Après tout, c’est ce qu’« offre une tension musculo-ligamentaire anormale » de notre définition signifie. Bref, la vertèbre est tenue en otage par un muscle grincheux.

Maintenant que la bête ne peut se réfugier dans l’ombre, étudions-la pleinement.

Femme héroïque qui sort de l'ombre de sa vertèbre déplacée

Éclairer le DIM

Notre histoire débute avec une contraction musculaire chronique, un stress musculaire, qui entraîne une approximation des facettes articulaires. La vertèbre devient donc prisonnière et incapable de fermer ou d’ouvrir adéquatement une ou ses deux facettes articulaires.

La biomécanique vertébrale se trouve davantage envenimée par la déformation des stimulus afférents des mécanorécepteurs. Bref, l’activité musculaire s’enfarge encore plus les pieds dans le tapis. Cette altération du schéma neurologique bombarde le système nerveux de messages nociceptifs. À ce moment, les tissus se trouvent neurologiquement surstimulés. La vertèbre devient alors instable pendant que sa qualité de mouvement compétitionne avec quelqu’un en état d’ébriété avancé. Et comment le corps pallie-t-il à toute instabilité ? En la coulant dans le béton. En effet, il spasmera les muscles multifides, rotateurs, intertransversaires et interépineux ; « vous bougiez tout croche ? Maintenant vous ne bougerez plus ! »

Par la suite, l’irritation encourue du nerf sinu-vertébral renforcit le mécanisme de défense dans un cercle vicieux. Et malheureusement, le mécanisme de défense en tant que tel augmentera aussi le stress mécanique sur la vertèbre. Mettez une dysfonction facettaire, une hypertonicité musculaire ainsi qu’un message neurologique nociceptif dans un malaxeur et on obtient des spasmes chez les muscles voisins fortifiant davantage notre mécanisme.

Et voilà ! Le carrousel du cercle vicieux s’emballe et nous sommes pris avec des douleurs chroniques propagées.

Ok PO ! Quels signes peuvent indiquer qu’un caniche royal brossé rôde ?

Client qui reçoit un soin de massage a des symptômes de DIM

Symptômes de DIM

  • La palpation peut déceler une sensibilité ou, à l’inverse, une insensibilité locale.
  • Le client peut se plaindre d’une sensation « de barre », surtout à la jonction lombosacrée ou à l’occiput.
  • La sensation locale est habituellement précise, comme un point interscapulaire allant de l’aiguille du bonhomme Robaxacet à l’impression d’avoir reçu un coup de couteau.
  • Les muscles paravertébraux profonds (multifides, rotateurs, intertransversaires et interépineux) fibrosent et demeurent hypertoniques.
  • Le mouvement peut augmenter ou recréer les symptômes. Par exemple, tourner, fléchir ou pencher la tête peut faire ressortir le point entre les omoplates.

D’où provient la douleur ?

Le sujet demeure débattable. Néanmoins, la douleur ne proviendra pas directement de la
vertèbre en tant que telle. D’où vient-elle alors ? Des « tensions musculo-ligamentaires anormales » de notre définition :

  • Premièrement, des structures hautement innervées comme les ligaments vertébraux et les
    capsules articulaires des facettes ;
  • Deuxièmement, de l’irritation du nerf sinu-vertébral ;
  • Dernièrement, des mécanorécepteurs des muscles prisonniers du mécanisme de dysfonction

Groupe de personnes qui désirent prévenir l’équation de la problématique musculaire

PO, qu’est-ce que je fais avec ça ?!?

Vous désirez prévenir que l’équation de la problématique musculaire sur laquelle vous travaillez soit sabotée par l’humeur de l’activité musculaire de la colonne ? PO te propose quelques pistes d’investigation :

  • Puisque le tout débute par une tension musculaire soutenue, investiguez la région vertébrale problématique. Trouvez un muscle de mauvaise humeur qui pourrait stresser la vertèbre. Relâchez-le.
  • Brisez le cercle vicieux en désarmant le mécanisme de défense déployé par les muscles multifides, rotateurs, intertransversaires et interépineux.
  • Avec un peu de chance, le relâchement musculaire encouru suffit à rétablir un mouvement
    vertébral adéquat. Si vous êtes paranoïaque comme moi, vous pouvez employer une mobilisation musculaire spécifique afin de vous assurer que toute cette musculature est bien relâchée.
  • Finalement, invitez la vertèbre à bouger comme elle le devrait. Bam ! Bienvenue en orthothérapie.

C’est aussi simple que ça ? C’est aussi simple que ça.

Bien des massothérapeutes démontrent une certaine crainte lorsqu’ils travaillent les muscles de la colonne. Pourtant, ils sont tous à l’aise à masser un dos et les clients en raffolent. Comme je mentionne fréquemment à mes clients, leur dos est bien plus fort qu’ils le pensent. À l’inverse, je suis beaucoup moins fort qu’ils le pensent. Si la colonne vertébrale consiste en une série d’articulations, la massothérapie avec son champ d’action musculaire est adéquatement indiquée pour travailler sécuritairement ses muscles profondément enfouis.  Après tout, bien des problèmes aux apparences complexes ne sont que la culmination d’éléments simples. Les éclairer convenablement, nous permet de les décortiquer et de percer les ombres dans le noir.

Bons soins !

 

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